Ville d’écrivains ? Saint-Pol a inspiré Pierre Loti

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Le charme mélancolique de la vieille ville a inspiré Pierre Loti.

Le charme mélancolique de la vieille ville a inspiré Pierre Loti.

Si Saint-Pol-de-Léon doit la majeure partie de sa notoriété à son passé épiscopal, son patrimoine et son activité maraîchère, on sait moins qu’elle a inspiré nombre d’écrivains de passage et qu’elle garde, à ce titre, une certaine place dans la littérature. Le rassemblement de ces témoignages pourrait d’ailleurs inspirer des promenades littéraires qui offriraient de revisiter quelques lieux décrits par les auteurs. Pierre Loti, par exemple, (1850-1923) y fait naître l’un des personnages qui inspirera « Mon frère Yves », l’un de ses livres les plus célèbres.

« Mon frère Yves » : une naissance à Saint-Pol

 

Loti avait un frère aîné, Gustave, médecin de marine coloniale dont l’exemple le décida à devenir marin. Sa mort le priva, très jeune, de ce frère, qu’il recherchera sa vie durant au travers d’amitiés de toutes sortes. Dans celle d’Yves, il croit retrouver le « frère » à jamais perdu. Le livre retrace une amitié fraternelle et passionnée.

En 1879, c’est à Saint-Pol qu’ils recherchent ensemble les « racines » d’Yves. Loti découvre cette fois le clocher à jour, vigie séculaire et, sur la place de l’église, une atmosphère moyenâgeuse qui le séduit. Il décrit la montée au Kreisker, « une merveilleuse dentelle de pierre grise qui montait, qui montait toujours, légère à donner le vertige… ». On parle breton et les jeunes filles de l’auberge « ont gardé l’expression tranquille et réfléchie des femmes d’autrefois ».

Le baptême d’Yves dans la cathédrale ne manque pas de piquant : « Lorsque le cortège fit son entrée dans l’antique église des évêques de Léon, écrit Pierre Loti, le bedeau, pendu à la corde d’une cloche, se tenait prêt à commencer le carillon joyeux que commandait la circonstance. Mais le curé, survenant, lui dit d’une voix rude : Ces Kermadec sont des gens qui ne donnent jamais rien à l’offrande et le père dépense au cabaret tout son avoir. Nous ne sonnerons pas pour ce monde-là. Et voilà comment mon frère Yves fit sur cette terre une entrée de pauvre ».