Sur les pas de Pierre Loti en Iran du 8 au 22 mai 2009

Sites visités : Téhéran, Kermân, Bam, Yazd, Ispahan, Pasargades, Chiraz, Persépolis…

 

Ispahan, place royale côté sud avec mosquée de l'Imam admirée par loti

Ispahan, place royale côté sud avec mosquée de l’Imam admirée par loti

 

A Shiraz, porte sous laquelle loti est passé pour aller à Ispahan

A Shiraz, porte sous laquelle loti est passé pour aller à Ispahan

 

Yzed-e Kast, dans le caravansérail où Loti passa une nuit

Yzed-e Kast, dans le caravansérail où Loti passa une nuit

 

« Qui veut venir avec moi voir à Ispahan la saison des roses, prenne son parti de cheminer lentement à mes côtés, par étapes, ainsi qu’au Moyen-Age.

Qui veut venir avec moi voir à Ispahan la saison des roses, consente au danger des chevauchées par les sentiers mauvais où les bêtes tombent, et à la promiscuité des caravansérails où l’on dort entassés dans une niche de terre battue, parmi les mouches et la vermine.

Qui veut venir avec moi voir apparaître dans sa triste oasis, au milieu de ses champs de pavots blancs et de ses jardins de roses roses, la vieille ville de ruines et de mystères avec tous ses dômes bleus, et tous ses minarets bleus d’un inaltérable émail.

Qui veut venir avec moi voir Ispahan sous le beau ciel de mai, se prépare à de longues marches, au brûlant soleil, dans le vent âpre et froid des altitudes extrêmes, à travers ces plateaux d’Asie, les plus élevés et les plus vastes du monde, qui furent le berceau de l’humanité, mais sont devenus aujourd’hui des déserts.

Nous passerons devant des fantômes de palais, tout en un silex couleur de souris, dont le grain est plus durable et plus fin que celui des marbres. Là, jadis, habitaient les maîtres de la Terre, et, aux abords, veillent depuis plus de deux mille ans des colosses à grandes ailes qui ont la forme d’un taureau, le visage d’un homme et la tiare d’un roi. Nous passerons, mais, alentour, il n’y aura rien, que le silence infini des foins en fleur et des orges vertes.

Qui veut venir avec moi voir la saison des roses à Ispahan, s’attende à d’interminables plaines, aussi haut montées que les sommets des Alpes, tapissées d’herbes rases et d’étranges fleurettes pâles, ou à peine de loin en loin surgira quelque village en terre d’un gris tourterelle, avec sa petite mosquée croulante, au dôme plus adorablement bleu que turquoise ; qui veut me suivre, se résigne à beaucoup de jours passés dans les solitudes , dans la monotonie et les mirages… »

Vers Ispahan 1904 – Pierre Loti.