« J’ai une secrète méfiance à l’égard de ceux qui n’aiment pas Loti ; j’ai peur qu’ils ne soient pas complètement humains. »*

Ces textes sont extraits de l’ouvrage « Pierre LOTI – le pèlerin de la planète » d’Alain Quella-Villéger (éditions Aubéron – 1998).

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* C’est en 1927 l’avis péremptoire de l’écrivain Edmond Jaloux. http://www.academie-francaise.fr/les-immortels/edmond-jaloux

Auparavant, en 1892, Frédéric Mistral – https://fr.wikipedia.org/wiki/Frédéric_Mistral - s’émerveilla : « Cette fin de siècle a vu, sur les fumées de son matérialisme, passer une âme lumineuse. »

Marcel Proust récite par cœur des pages de Loti - https://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Proust. L’éminent critique Jules Lemaître s’extasie : « Les plus grands chefs-d’œuvre de la littérature ne m’ont troublé ainsi. » http://www.academie-francaise.fr/les-immortels/jules-lemaitre

Henry James, qui juge « parfait » Pêcheur d’Islande, préface avec délectation la traduction américaine de Figures et choses qui passaient. https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_James

Anna de Noailles s’émeut : « Ce merveilleux poète […] n’a jamais cessé de m’enivrer par ses livres immortels.» https://fr.wikipedia.org/wiki/Anna_de_Noailles

Et le fantasque et moderne Raymond Roussel n’y va pas par quatre chemins : « Je suis pour les pages de Loti comme les morphinomanes pour la morphine, il me faut chaque jour ma ration de pages de Loti ! » https://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Roussel

Julien Green s’est, pour sa part, étonné : « Il y a derrière ces livres le vide qu’il y a dans le ciel, mais c’est par là qu’il est unique. Il s’est mêlé aux éléments : c’est l’air, la pluie, c’est la terre qui parlent.» http://www.academie-francaise.fr/les-immortels/julien-green

 …l’œuvre de Loti est aujourd’hui lue, appréciée. L’exotisme de Loti ne sent pas le renfermé ; ouvert au monde, aux idées, aux libertés : « C’est un auteur à la croisée des chemins, témoin d’un monde qui va finir, sentant cette fin par toutes ses fibres sensuelles, par toute son intelligence et le criant à un peuple de sourds et d’aveugles » (R-L. Léguillon). C’est un écrivain engagé, l’un des premiers grands écrivains du XXe siècle, annonciateur de Georges Duhamel, d’André Gide, de Jean-Paul Sartre.

On s’attarde aujourd’hui sans déplaisir et sans honte sur le Loti truculent, inattendu, désinvolte, révolté – révoltant aussi -, sur son horreur du bienséant et du tiède, sur son côté « facteur Cheval », androgyne universel que mille vies n’auraient point assouvi, sur sa solitude aussi, et sa pratique homéopathique de l’écriture. Et Jean-Marie Rouart de résumer : « vagabond salarié, c’était sa façon de jeter l’ancre et de faire un peu d’escale dans ce bref tête-à-tête avec lui-même. » http://www.academie-francaise.fr/les-immortels/jean-marie-rouart

Lorsque Nathalie Sarraute - https://fr.wikipedia.org/wiki/Nathalie_Sarrauteévoque les lectures françaises de son enfance russe, elle avoue sans hésitation : « j’ai aimé lire les auteurs qu’on lisait alors, Pierre Loti, Boylesve. » Mais pour témoigner publiquement de son attachement, Jacques Serguine fait mieux : romancier, il écrit un roman : Istanbul Loti 1994). https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Serguine

A sa mort, son ami Avesnes avait évoqué ce héros d’une génération avide : « Oh ! ces livres de Loti, comme nous les attendions, comme nous les guettions aux vitrines […] les beaux songes qu’ils nous a donnés ! Creux et inutiles ? Non, puisque souvent ils inspiraient l’envie d’agir. » Et pas seulement des marins en mal de colonies : des nomades intrépides, errants peu conformistes, et jusqu’à des savants intrépides très contemporains comme l’explorateur polaire Jean-Louis Etienne. Ce même Avesnes avait titré son hommage « pèlerin de la planète »… https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_de_Blois_(homme_politique) 

Les marins parcourent le monde, les géographes l’explorent, l’inventorient, d’autres, le domestiquent, les poètes l’inventent. Et parmi ceux-ci, les plus grands disent poliment leur dette, comme Julien Gracq : « Loti est pour moi une lecture de jeunesse qui a peut-être aidé – mais certainement moins que Jules Verne – à développer mon goût pour les paysages. Il m’arrive de temps en temps de relire quelques passages, qui ont gardé pour moi leur charme d’autrefois. La défaveur où il est tombé après sa mort, et dont il commence, il me semble, à se relever, est certainement trop grande. »   https://fr.wikipedia.org/wiki/Julien_Gracq

 

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