Inédit basque n°13

La chanson du Javelot

 

C’est par le Javelot que Loti est entré en Pays basque. C’est par l’équipage du Javelot qu’il s’est, en premier, initié à la basquité. C’est de son pont qu’il a photographié la Bidassoa, Fontarrabie, les pêcheurs d’Hendaye…, à son bord qu’il a reçu la reine Nathalie de Serbie et bien d’autres personnages hors du commun. C’est le Javelot qui a porté ses rêves et ses dérives. Il l’a commandé deux fois, sur sa demande, de décembre 1891 à juin 1893 et de mai 1896 à janvier 1898, conscient que sa carrière maritime n’en tirerait pas gloire. Mais c’est, alors, à une autre gloire qu’il aspirait.

 

Le Javelot à son mouillage habituel, non loin du pont international (chemin de fer Paris-Madrid) à Hendaye - Coll. APLH

Le Javelot à son mouillage habituel, non loin du pont international (chemin de fer Paris-Madrid) à Hendaye – Coll. APLH

Cette canonnière en bout de course a marqué les imaginations hendayaises. Une chanson lui a été dédiée. Elle se chante encore à Gaztelu Zahar, la société de chant basque sise rue du Port, à deux pas de Bakharetchea. Elle raconte comment le rafiot, appelé à régler un différend entre pêcheurs, a échoué, « accroché avec des huitres » à son mouillage faute d’avoir navigué de longtemps.

Deux chanteurs de Gaztelu Zahar ont bien voulu chanter le premier couplet : « C’était un bateau de guerre qui était ancré avec des huitres dans les pieds ».

 

Bonne écoute :